Un hub régional complet en une seule annonce

La quatrième région Azure de Microsoft en Inde, India South Central, est entrée en service le 6 août 2026 à Hyderabad, dans le Telangana, avec trois zones de disponibilité. Elle s'ajoute aux régions existantes de Pune, Chennai et Mumbai, ainsi qu'à deux centres de données en partenariat avec Reliance Jio, faisant de Hyderabad le plus grand hub indien de Microsoft à ce jour.

Quatre clients d'entreprise sont déjà actifs, et non simplement promis : Adani Group, HDFC Bank, Bajaj Finserv et PB Pay. Microsoft décrit le refroidissement du site comme un refroidissement mécanique amélioré avec des refroidisseurs à air, faisant partie de ce qu'elle appelle des centres de données de nouvelle génération à consommation d'eau nulle pour le refroidissement.

20,5 milliards de dollars et des clients payants dès le premier jour

La région s'inscrit dans un engagement cumulé de 20,5 milliards de dollars envers l'infrastructure cloud et IA de l'Inde, formé de 3 milliards annoncés en janvier 2025 et de 17,5 milliards supplémentaires en décembre 2025. Microsoft a associé ce capital à une promesse de formation : 20 millions de personnes en Inde formées à l'IA d'ici 2030, dont 5,6 millions déjà touchées depuis janvier 2025, et plus de 125 000 déjà passées à un emploi ou à une activité entrepreneuriale.

Le fait qu'Adani Group, HDFC Bank, Bajaj Finserv et PB Pay soient déjà signés et opérationnels à la disponibilité générale, plutôt que simplement cités comme prospects futurs, est le détail qui distingue ce lancement d'une construction spéculative : cela donne à Microsoft une utilisation dès le premier jour et offre aux régulateurs et clients indiens une référence concrète pour les affirmations sur la résidence des données, avant même que le marketing ne s'exprime.

Ce que Microsoft a réellement construit pour l'UE est une frontière juridique, pas un hub

L'équivalent le plus proche de Microsoft dans l'UE, l'EU Data Boundary, a été annoncé pour la première fois en décembre 2022. La phase 1 a démarré en janvier 2023, la phase 2 a suivi en janvier 2024 pour les données personnelles pseudonymisées, et la phase 3, qui couvre les données de support comme les journaux et les notes de dossier, ne s'est achevée que le 26 février 2025. La frontière achevée couvre Microsoft 365, Dynamics 365, Power Platform et la plupart des services Azure.

L'annonce de Microsoft sur cette étape comporte une exception : dans des cas de sécurité limités nécessitant une réponse mondiale coordonnée, des données essentielles peuvent encore être transférées. L'achèvement a donc livré une résidence proche du RGPD pour les données de support, pas une localisation totale des données ni une immunité face à la juridiction américaine.

Les propres critiques de Microsoft parlent de façade de souveraineté

Une annonce ultérieure en novembre 2025 a promis un traitement local de Microsoft 365 Copilot dans 15 pays, mais seuls quatre, le Royaume-Uni, l'Australie, l'Inde et le Japon, en disposaient fin 2025 ; l'Allemagne, la Suède, les Émirats arabes unis et l'Afrique du Sud ne suivront qu'en 2026. La même mise à jour a fait passer Azure Local de 16 à des centaines de serveurs physiques promis et a rendu Microsoft 365 Local disponible en mode connecté uniquement, une option entièrement déconnectée n'étant prévue que début 2026.

Le directeur général de Civo, Mark Boost, a déclaré qu'installer un centre de données à Paris ou à Londres compte peu si l'entreprise qui le gère reste soumise au droit américain. Le fondateur de Nextcloud, Frank Karlitschek, a qualifié ce paquet de façade de souveraineté, estimant que seul le logiciel libre supprime la dépendance réelle envers le fournisseur. Thierry Carrez, de l'OpenInfra Foundation, l'a formulé avec plus de prudence : reste à savoir, selon ses propres mots, si ce mélange de mesures s'avérera suffisant, car il n'a pas encore été testé.

L'étalon que l'UE et le Royaume-Uni devraient appliquer à Microsoft

Les deux projets ne sont pas des jumeaux techniques. Hyderabad est une région physique construite depuis zéro ; la poussée de souveraineté de l'UE, elle, ajoute des contrôles juridiques et opérationnels sur plus d'une douzaine de régions déjà matures. Cette différence compte, mais ce n'est pas la comparaison juste.

La comparaison juste porte sur l'exhaustivité et le rythme quand un marché compte suffisamment pour Microsoft : l'Inde a obtenu une date ferme, un engagement environnemental, une capacité réelle et des clients ancres payants réunis en une seule annonce. Les acheteurs de l'UE et du Royaume-Uni qui évaluent des promesses de cloud souverain pour leurs achats ou leur conformité, et les décideurs qui prennent les engagements de Microsoft pour argent comptant, ont désormais de bonnes raisons de demander pourquoi l'Europe continue de recevoir une liste roulante de phases futures au lieu d'un paquet comparable livré d'un seul coup.