Deux attaques, 4 200 mégawatts, un suspect toujours en fuite
Un seul suspect a placé des engins lanceurs artisanaux sur trois postes électriques allemands en quatre jours, et au 5 septembre 2026, les attaques avaient déjà mis hors service environ 4 200 mégawatts de capacité charbon et provoqué un arrêt de sécurité dans une seconde centrale. Le 1er septembre, des engins ont été trouvés au poste de Preilack, qui alimente la centrale à charbon de LEAG à Jänschwalde, dans le Brandebourg : des dispositifs semblables à des fusées, conçus pour projeter du matériau conducteur sur des lignes à très haute tension afin de provoquer un court-circuit. Au moins un a explosé, et le directeur général de LEAG, Adolf Roesch, a déclaré que la perturbation avait déclenché un arrêt de sécurité automatique du bloc B de Jänschwalde. Le même jour, au poste RWE de Bergheim près de Cologne, des engins similaires laissés dans un champ de maïs voisin ont fait tomber du matériau conducteur sur des lignes aériennes, mettant hors service cinq unités charbon, soit environ 4 200 mégawatts selon RWE.
Le 4 septembre, un troisième lot d'engins est apparu près d'un poste à Dormagen-Gohr après qu'un piéton eut alerté la police ; les enquêteurs ont indiqué qu'un lien avec l'attaque de Bergheim "paraît probable". Personne n'a été blessé dans ces trois incidents, et aucun n'a provoqué de coupure plus large, mais tous trois visaient la même catégorie d'infrastructure exposée : des lignes aériennes à très haute tension traversant la campagne ouverte plutôt que le périmètre clôturé d'un poste électrique.
| Date | Lieu / opérateur | Ce qui s'est passé | Effet |
|---|---|---|---|
| 1er sept. 2026 | Poste de Preilack (alimente la centrale LEAG de Jänschwalde), Brandebourg | Des engins lanceurs ont projeté du matériau conducteur sur des lignes à très haute tension ; au moins un a explosé | Arrêt de sécurité automatique, bloc B de Jänschwalde |
| 1er sept. 2026 | Poste de Bergheim (RWE), près de Cologne | Des engins lanceurs ont fait tomber du matériau conducteur sur des lignes aériennes, provoquant un court-circuit | Environ 4 200 MW (5 unités charbon) hors service |
| 4 sept. 2026 | Poste de Dormagen-Gohr, près de Cologne | Troisième lot d'engins trouvé après le signalement d'un piéton | Aucun dégât ; engins neutralisés avant usage |
Ce qu'un suspect avec des moyens de base a réellement démontré
Au 4 septembre 2026, la police allemande avait identifié un suspect de 48 ans originaire de Gevelsberg, nommé dans la presse Daniel W., après qu'il eut envoyé des lettres à plusieurs rédactions revendiquant seul la responsabilité des attaques et qualifiant la production d'électricité à partir de combustibles fossiles de "crime". Les enquêteurs ont perquisitionné un camping-car aménagé, caché dans un bois près de Niederzier, non loin de la mine de lignite de Hambach et à environ 100 kilomètres de Gevelsberg, et ont trouvé des explosifs à son domicile, mais le suspect ne se trouvait pas dans le véhicule et reste en fuite, probablement à pied.
Le ministre fédéral de l'Intérieur, Alexander Dobrindt, a déclaré que les enquêteurs envisageaient aussi l'affaire comme un possible "écoterrorisme". Le ministre de l'Intérieur de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Herbert Reul, a directement rejeté la justification du suspect : "ce n'est pas la production d'électricité à partir de combustibles fossiles qui est un crime, mais attaquer des infrastructures critiques est un crime", a-t-il dit, ajoutant que les attaques mettaient en danger des patients hospitalisés et d'autres services critiques, quel que soit le mobile de l'auteur.
En écartant le mobile déclaré, un fait plus précis demeure : agissant seul, avec des engins fabriqués à partir de pièces de fusées courantes et de matériau conducteur plutôt que d'un équipement spécialisé ou militaire, une seule personne a mis hors service environ 4 200 mégawatts de capacité charbon allemande en une seule journée et est restée en avance sur la police pendant quatre jours. C'est là le véritable enseignement pour quiconque possède ou achète de l'énergie liée à ce type d'infrastructure : le coût pour mettre hors service un poste à haute tension est tombé bien en dessous de ce que supposent la plupart des budgets de cyberdéfense des opérateurs, car aucun des trois incidents n'a impliqué d'intrusion réseau, d'identifiant volé ni d'accès numérique quelconque.
Ce qu'un opérateur ou un acheteur industriel devrait demander cette semaine
La question pratique que pose cette séquence à un opérateur de réseau ou à un grand acheteur industriel d'énergie n'est pas de savoir qui est le suspect, mais comment quelqu'un s'approchant d'une ligne aérienne avec quelques engins lanceurs est passé inaperçu sur deux sites et n'a été stoppé sur un troisième que parce qu'un piéton l'a remarqué par hasard.
Trois points devraient figurer à l'ordre du jour de cette semaine plutôt qu'à la revue budgétaire du prochain trimestre : la surveillance physique couvre-t-elle les corridors des lignes à très haute tension et les voies d'accès, pas seulement la clôture du poste ; les opérateurs de la même région, dont LEAG, RWE et des gestionnaires de transport comme Amprion et TenneT, partagent-ils leurs données de détection en temps réel, sachant que l'engin de Dormagen-Gohr n'a été trouvé que grâce à un signalement extérieur et non à une alerte commune après Bergheim ; et les acheteurs industriels dont les contrats d'approvisionnement sont liés à des unités charbon précises disposent-ils d'un plan de repli documenté pour une perte de capacité de plusieurs jours sans lien avec la météo ou la maintenance. Rien de tout cela ne dépend de la façon dont on classe l'idéologie du suspect : c'est une faille de sécurité physique et de continuité d'activité que les événements de cette semaine ont déjà chiffrée.
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