Le tour de table: ce qu'Open Cosmos a vraiment levé
Open Cosmos, entreprise de satellites basée à Oxford fondée en 2015, a levé 300 millions d'euros le 14 septembre 2026, à une valorisation qu'elle n'a pas dévoilée. Lightrock a mené le tour, rejoint par ETF Partners, l'Institut Catala de Finances, Entrepreneurs First, deux fonds de pension internationaux et le National Security Strategic Investment Fund britannique, un véhicule soutenu par l'État qui investit dans les technologies qu'il juge stratégiques. La ministre britannique de l'espace, la baronne Lloyd, a qualifié cet investissement de signe de confiance dans le secteur spatial britannique.
L'entreprise emploie près de 400 personnes réparties dans quatre usines au Royaume-Uni, en Espagne, au Portugal et en Grèce, où elle peut désormais construire un satellite par jour. Elle affirme avoir enchaîné cinq années consécutives de croissance rentable, une affirmation inhabituelle dans un secteur spatial plutôt connu pour ses paris qui brûlent du capital sur une demande future, et a signé 370 millions de dollars de contrats clients depuis 2022.
Pourquoi c'est important: vendre du temps sur un satellite, pas le satellite
Open Cosmos exploite trois services liés entre eux. OpenConstellation est un réseau satellite partagé qui, selon l'entreprise, réduit le délai de livraison du renseignement d'observation terrestre de 48 heures à environ 30 minutes, grâce à un traitement par IA embarquée plutôt qu'en attendant qu'un satellite survole une seule station au sol. DataCosmos transforme ces images brutes en renseignement opérationnel exploitable, et ConnectedCosmos vend du haut débit sécurisé et de la connectivité IoT sur le spectre en bande Ka. Un client n'achète pas, ne lance pas et n'exploite pas son propre satellite. Il achète de la capacité sur un réseau qu'Open Cosmos exploite déjà.
C'est le même virage qu'a connu le logiciel d'entreprise quand louer de la capacité serveur chez un fournisseur cloud a remplacé l'achat et l'exploitation d'un centre de données en propre. Une agence gouvernementale qui devait autrefois financer, lancer et entretenir un unique satellite comme un projet d'investissement pluriannuel peut désormais acheter un accès mesurable à un réseau partagé comme une dépense d'exploitation récurrente, avec un délai de livraison annoncé dont elle peut tenir le fournisseur responsable.
L'angle de la souveraineté derrière l'argent
Le fonds stratégique du gouvernement britannique lui-même est coinvestisseur, et la clientèle déclarée d'Open Cosmos comprend des gouvernements européens, des agences spatiales et de grandes entreprises de l'énergie et des infrastructures. Le message est explicite: les acheteurs publics européens peuvent obtenir de la capacité d'observation terrestre et des communications sécurisées sans faire transiter cette capacité par un opérateur satellite basé hors d'Europe, à un moment où le Royaume-Uni et l'UE poussent séparément à réduire leur dépendance envers des infrastructures numériques et spatiales détenues à l'étranger.
Pour un acheteur public européen ou du secteur des infrastructures critiques, cela compte avant même qu'un quelconque argument de sécurité nationale n'entre en jeu. L'observation terrestre et les communications satellite sécurisées ont souvent été assurées, dans la pratique, par un ou deux opérateurs non européens. Une alternative européenne financée et rentable change le calcul des achats publics, pas seulement la politique.
Ce que cela signifie si vous évaluez un fournisseur spatial
La question utile change de nature. Plutôt que de demander combien de satellites possède un fournisseur, demandez s'il vous vend un satellite, un bien d'investissement que vous devez vous-même financer, lancer, assurer et un jour remplacer, ou s'il vous vend un accès à un réseau partagé avec un délai de livraison annoncé que vous pouvez mesurer. Vérifiez ensuite si son carnet de contrats est important par rapport au financement annoncé, et si l'entreprise est rentable ou dépend du prochain tour de table pour continuer à fonctionner. Open Cosmos publie des chiffres sur ces trois points, tous les fournisseurs du secteur ne le feront pas.
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