Quatre incidents en une journée, publiés par le fournisseur

Le 27 juillet, la page de statut d'OpenAI a consigné quatre incidents distincts. Erreurs accrues affectant les conversations ChatGPT à 16h32. Latence accrue, expirations de délai et diffusion interrompue sur gpt-5.1 mini et gpt-4.1 mini via l'interface de programmation à 18h06. Génération d'images indisponible dans ChatGPT à 19h04, puis de nouveau indisponible à 20h24. Chacun s'est clos par la même phrase : tous les services touchés sont désormais entièrement rétablis.

Ce ne fut pas une journée hors norme. Le 25 a compté deux incidents de taux d'erreur élevés. Le 24 en a compté trois, dont des taux d'erreur et une latence accrus sur l'interface de programmation pour le modèle gpt-image-2 et des erreurs accrues dans Codex Review. La perturbation du samedi fut la plus visible, touchant quinze composants de ChatGPT, quatre de Codex et douze de l'interface de programmation, les utilisateurs recevant des réponses 503 porteuses d'une étiquette interne de coupe-circuit. OpenAI est passée de l'investigation à la surveillance en une heure environ.

Un décompte indépendant du même historique arrive à environ 166 incidents sur près de neuf mois, une moyenne proche de 18 par mois. Rien de tout cela n'a fuité ni n'a été déduit. C'est le registre publié par le fournisseur lui-même, mis à jour en temps réel, consultable librement, et quasiment jamais lu par ceux qui signent le contrat.

Le remède était libellé dans la monnaie en panne

La réponse d'OpenAI à la perturbation du week-end a consisté à remettre à zéro les quotas d'usage des utilisateurs de Codex et de ChatGPT Work. Lisez cela comme un instrument et non comme un geste. La compensation de l'indisponibilité d'un service a pris la forme de quota supplémentaire sur le service qui avait été indisponible. Ce n'est pas de l'argent, ce n'est pas un avoir contractuel, et cela ne se dépense nulle part ailleurs.

Vient ensuite la partie réellement instructive. Les utilisateurs ayant déjà consommé l'une de leurs remises peu avant l'arrivée de la compensation ont constaté qu'elle ne leur apportait rien. Une remise à zéro rétablit un quota au maximum. Elle ne s'ajoute pas à un quota déjà mis de côté. Pour ce groupe, le geste de bonne volonté est arrivé comme une dépréciation de la valeur qu'ils détenaient, et la plainte n'était pas de l'ingratitude. C'était de l'arithmétique.

Ce mode de défaillance mérite un nom, car il se répétera dans tout produit facturé à la consommation. Lorsque l'unité de compensation est celle-là même qui a été perturbée, la valeur du remède dépend entièrement de la position du client au moment où il est accordé. Certains clients sont remis à niveau. D'autres se retrouvent perdants. Personne n'est payé.

Dix-huit par mois est un chiffre, pas un ressenti

Pour la plupart des acheteurs, le geste utile ici manque de panache. Prenez le nombre d'incidents dans l'historique de statut du fournisseur, inscrivez-le au dossier à côté du taux de disponibilité affiché en communication, et notez que les deux décrivent des choses différentes. Un pourcentage de disponibilité est un agrégat dans le temps. Un nombre d'incidents est une fréquence de perturbation, et c'est la fréquence qui interrompt réellement vos équipes.

Si votre organisation est une entité financière relevant du cadre européen de résilience opérationnelle numérique, il s'agit déjà d'une obligation formelle et non d'une bonne pratique. Le risque lié aux prestataires tiers de technologies de l'information et de la communication doit être recensé, évalué et suivi, et un fournisseur qui publie son propre historique d'incidents vous a de fait remis la preuve. En France, l'ACPR participe à cette supervision, et le plus gênant est que la preuve était publique depuis le début.

Le constat plus large vaut aussi hors des secteurs réglementés. Toute dépendance qu'une équipe sollicite des dizaines de fois par jour mérite un chiffre de fiabilité mesuré plutôt qu'une impression. Les impressions se forment sur la pire panne dont quelqu'un se souvient. Un historique de statut se forme sur toutes.

Trois questions à trancher avant vendredi

D'abord, quel contrat régit votre usage. Un abonnement par poste, un contrat d'entreprise et un contrat d'interface de programmation comportent en général des engagements différents, et le remède en cas d'indisponibilité y est rarement identique. Établissez si votre organisation a droit à un avoir, à un remboursement, ou à rien au-delà de ce que le fournisseur décide d'accorder.

Ensuite, ce qu'une perturbation vous coûte par heure. Non pas en théorie, mais avec le nombre de personnes concernées et le travail qui s'arrête. Les entreprises découvrent au renouvellement qu'elles ne l'ont jamais calculé, et c'est précisément pour cela qu'un remède libellé en jetons a été accepté sans que personne ne remarque sa nature.

Enfin, ce qu'il advient du travail en cours. Les signalements de samedi venaient surtout de développeurs ayant perdu leur élan plutôt que des données, mais le même schéma atteint les flux documentaires, les assistants en contact avec la clientèle et tout ce qui a une file d'attente derrière lui. Décidez à l'avance si une interruption de deux heures est une gêne que votre équipe absorbe ou un incident que vos clients voient, car cette décision change les engagements fournisseurs qu'il vaut la peine de payer.