Le même téléphone, deux prix, une seule monnaie

Les précommandes de l'iPhone 18 Pro et Pro Max ont ouvert à 14h00, heure locale, le 12 septembre, en Allemagne comme en France, et les prix affichés se sont révélés identiques dans leur forme et différents dans leur montant. Chacune des huit configurations de stockage, du Pro 256 Go à 1 449 EUR en Allemagne au Pro Max 2 To à 3 099 EUR, coûte exactement 30 EUR de plus de l'autre côté de la frontière, en France. Les deux pays affichent leurs prix en euros, il ne s'agit donc pas d'un artefact de taux de change. Ce sont deux montants différents pour le même produit, à l'intérieur de la même zone monétaire.

Apple n'a publié aucune explication pour le prix de l'un ou l'autre pays, et n'a pas dit pourquoi l'écart est fixe plutôt que proportionnel. Le candidat évident est la différence de taux de TVA entre les deux pays, la France à 20 pour cent contre 19 pour cent pour l'Allemagne, et c'est précisément là que les chiffres cessent de coller à l'explication évidente.

Le calcul fiscal ne comble pas l'écart

Si Apple fixait un prix hors taxes unique et appliquait simplement la TVA de chaque pays par-dessus, l'écart en euros entre la France et l'Allemagne augmenterait avec le prix du téléphone, car un point de TVA vaut davantage sur un montant plus élevé. En partant des prix TTC allemands à 19 pour cent pour reconstituer un prix net commun, puis en y réappliquant les 20 pour cent français, on obtient exactement ce schéma: l'écart lié à la seule TVA irait d'environ ~12 EUR au palier d'entrée à 1 449 EUR jusqu'à environ ~26 EUR au palier supérieur à 3 099 EUR.

PalierPrix AllemagneÉcart réel FranceÉcart TVA seule
Pro 256 Go (entrée)1 449 EUR30 EUR~12 EUR
Pro Max 2 To (haut de gamme)3 099 EUR30 EUR~26 EUR

L'écart réel est fixe à 30 EUR à chaque palier, ce qui signifie qu'il ne suit pas du tout la différence fiscale. Au palier d'entrée, les acheteurs français paient environ deux fois et demie ce que l'écart de TVA seul justifierait. Au palier supérieur, les deux chiffres sont proches, mais seulement parce que la majoration fixe se trouve par hasard près de ce qu'une majoration proportionnelle donnerait de toute façon. La taxe explique une partie de la différence et la décision tarifaire propre à Apple explique le reste, et Apple seule sait comment elle a réparti les deux.

Un marché unique avec des prix catalogue par pays

L'euro était censé rendre ce type de comparaison sans objet: une seule monnaie, un seul chiffre, on achète là où la monnaie est acceptée. Les propres grilles tarifaires d'Apple montrent que l'entreprise fixe toujours un chiffre distinct pour la France et pour l'Allemagne, qu'une monnaie commune ne fait rien pour aligner. Rien de tout cela n'est illégal ni même inhabituel, les entreprises fixent leurs prix par marché pour toutes sortes de raisons, de la concurrence locale à la logistique en passant par ce qu'un marché a toléré par le passé. Ce qui est inhabituel, c'est à quel point l'écart devient visible lorsque la monnaie elle-même supprime la seule variable qui l'expliquerait normalement.

Pour un particulier, c'est une curiosité. Pour une entreprise qui achète des téléphones en volume dans plusieurs pays de l'UE, c'est une ligne budgétaire. Une filiale allemande et une filiale française de la même société, commandant l'appareil identique dans la même monnaie, ne paieront pas le même prix, et rien dans l'immatriculation à la TVA ni dans les règles du commerce intracommunautaire ne change cela, car il s'agit d'un écart de prix catalogue au détail, pas d'une question de juridiction fiscale.

Ce que cela signifie pour l'achat d'appareils au-delà des frontières

Toute entreprise de l'UE qui équipe son personnel en téléphones ou en ordinateurs portables dans plus d'un pays a déjà une raison de vérifier les prix catalogue propres à chaque pays plutôt que de supposer une parité de marché unique, et le lancement de l'iPhone 18 Pro en est un exemple aussi net que possible cette année: même produit, même monnaie, même jour, un écart fixe documenté qu'une base fiscale commune n'explique pas. Là où les achats de l'entreprise le permettent, faire transiter une commande par le marché le moins cher est un moyen légitime de combler cet écart, et là où ce n'est pas possible, il vaut au minimum la peine de savoir que cet écart existe avant de valider une commande groupée.

L'habitude plus générale à adopter est simple: quand un produit au prix fixé en euros coûte un nombre d'euros différent dans deux pays de l'UE, il faut faire le calcul fiscal avant d'accepter l'explication évidente. Ici, elle explique moins de la moitié de ce qui a changé.