Ce que le tribunal a réellement décidé
Le 9 juin 2026, la 26e grande chambre pénale du Tribunal régional de Berlin I, affaire 526 OWi LG 1/20, a réduit une amende que l'autorité berlinoise de protection des données avait infligée au groupe immobilier Deutsche Wohnen en octobre 2019. La sanction initiale s'élevait à environ 14,5 millions d'euros, l'une des amendes RGPD les plus élevées jamais prononcées en Allemagne. Le tribunal a fixé le montant final à 900 000 euros.
Ce n'était pas un acquittement. La chambre a jugé que l'entreprise avait intentionnellement enfreint les principes de minimisation et de limitation de la conservation des données de l'article 5 du RGPD, en conservant les pièces d'identité et les données de paiement d'anciens locataires bien au-delà de tout besoin juridique. L'arrêt n'est pas encore définitif et les deux parties peuvent encore former un recours. Ce qui a changé, ce n'est pas le constat de l'infraction, mais l'ampleur de la conséquence.
Pourquoi le montant a chuté aussi fort
La réduction repose sur un principe que la Cour de justice de l'Union européenne a dégagé le 5 décembre 2023: une amende RGPD ne peut être infligée que lorsque le manquement a été commis avec faute, et son montant doit rester proportionné. Le tribunal de Berlin a pris en compte que les infractions relevaient de la phase initiale du règlement, alors que les autorités de contrôle elles-mêmes s'adaptaient encore, et que l'entreprise avait mobilisé des auditeurs externes, des conseillers et des spécialistes informatiques et investi dans la modernisation de ses systèmes.
Ainsi, l'effort documenté de mise en conformité est devenu le levier décisif sur la sanction. Le même comportement qu'une autorité lit comme trop lent, un tribunal peut le lire comme une bonne foi dans des conditions difficiles. L'écart entre 14,5 millions et 900 000 n'a pas tenu à un meilleur avocat. Il a tenu à une trace de diligence qui existait déjà avant le début du litige.
Pourquoi cela compte avant le mois d'août
À partir du 2 août 2026, le régime de sanctions du règlement européen sur l'IA commence à s'appliquer, avec des amendes pouvant atteindre 35 millions d'euros ou 7 pour cent du chiffre d'affaires mondial. Les autorités qui l'appliqueront s'appuient sur le même cadre européen que le tribunal de Berlin vient d'utiliser: la faute comme condition préalable, la proportionnalité et la prise en compte d'une diligence démontrée. Les premières amendes sur l'IA seront fixées comme l'a été celle-ci.
Pour un dirigeant ou un family office, la leçon est étroite et concrète. Le chiffre figurant dans une notification d'autorité est un point de départ, non un montant arrêté, et ce qui le fait bouger, c'est la preuve que vous pouvez produire d'une gouvernance déjà en place. Cette preuve se construit en période calme et se documente au fil de l'eau, elle ne s'assemble pas une fois qu'un contrôle a déjà commencé.
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