Ce qu'Anthropic dit avoir obtenu
Anthropic a publié le 12 octobre les résultats de ses défenses contre la distillation et affirme que les premiers éléments indiquent une baisse de 90 à 99 pour cent des données que les distillateurs récoltent sur Claude. Selon ses termes, la distillation est une campagne dissimulée, à l'échelle industrielle, visant à copier les capacités d'un modèle dans un autre, souvent via des réseaux de faux comptes.
L'entreprise mesure les progrès en jetons de raisonnement, la réflexion que Claude écrit avant de répondre. Depuis la mise en service de son nouveau classificateur, les jetons de raisonnement extraits par les distillateurs sont constamment de 10 à 100 fois moins nombreux, et certains jours trop peu pour être mesurés. Des dizaines de milliers de comptes liés ont été bannis, souvent moins de deux heures après le début d'une campagne. Le classificateur repère toutes les techniques du rapport de septembre d'Anthropic. Reuters a rapporté les mêmes chiffres et note que Z.ai n'a pas répondu tout de suite à une demande de commentaire.
Anthropic pose deux limites à sa propre affirmation. Elle ne sait pas combien de temps ces gains dureront, et elle n'a pas encore vu de tentative très sophistiquée et persistante pour contourner les défenses.
Pourquoi les transcriptions de raisonnement sont la cible
Les transcriptions de raisonnement sont ce qu'un distillateur peut collecter de plus précieux, car elles montrent à un petit modèle comment un plus grand arrive à sa réponse. Anthropic l'a testé : un modèle entraîné sur le raisonnement complet de Claude Opus 4.8 a obtenu 80,4 pour cent à SWE-bench Verified, contre 71,8 pour cent avec un raisonnement résumé, soit 8,6 points d'écart.
Cet écart explique l'effort des deux côtés. Anthropic dit qu'un laboratoire a testé 12 000 requêtes différentes pour pousser Claude à révéler son raisonnement, et que des réseaux de proxys contrôlant des centaines de milliers de faux comptes ont réparti les tentatives. Un réseau en gérait plus de 20 000 à la fois. Anthropic cite Zhipu, qui aurait distillé les capacités cyber de grands modèles américains en construisant GLM-5.3, et Moonshot, dont les requêtes Kimi auraient été transmises en secret à Claude. Ce sont des accusations d'Anthropic. Z.ai n'avait pas répondu à la publication de Reuters, et les sources que nous avons lues ne contiennent aucune réponse de Moonshot.
Ce que les défenses coûtent à un client payant
Anthropic reconnaît que ses défenses ne sont pas gratuites pour les utilisateurs légitimes. Le tableau met chaque défense en regard de ce qu'elle coûte à un client payant.
| Défense | Ce qu'elle bloque | Coût pour un client légitime |
|---|---|---|
| Preserved thinking sur Fable 5.1 et Opus 5.5 | Des comptes proxys qui modifient le contexte antérieur de Claude pour extraire le raisonnement | Les comptes créés depuis le 31 août 2026 ne peuvent pas modifier le contexte antérieur, et certains développeurs ont dû mettre à jour leurs intégrations |
| Limites d'accès au raisonnement sur Sonnet 5.5 | Des tiers qui lisent la transcription de raisonnement d'une requête | Les transcriptions ne sont lisibles que par l'organisation dont la requête les a produites, et Anthropic n'indique aucun coût |
| Classificateur à deux étages | Les requêtes qui cherchent à extraire le raisonnement caché | Moins de 0,1 pour cent des requêtes légitimes bloquées, et les requêtes bloquées sont facturées depuis le 24 septembre |
| Limites plus strictes et bannissements | L'extraction répétée et persistante | Anthropic n'en indique aucun, car cela vise les comptes qui continuent à tenter d'extraire le raisonnement |
Le classificateur tourne sur les modèles les plus capables d'Anthropic disponibles au grand public : actuellement Claude Sonnet 5.5, Opus 5, Opus 5.5, Fable 5 et Fable 5.1.
Les petits caractères sur les requêtes bloquées
Depuis le 24 septembre, Anthropic refacture les requêtes que ses garde-fous bloquent avant que Claude ne réponde, dans les domaines où elle mesure un taux de faux positifs inférieur à 0,1 pour cent, et la distillation en fait partie.
Anthropic ne donne ni prix par requête bloquée ni décompte, donc l'exposition vous revient d'estimer. Si votre équipe envoie 200 000 requêtes légitimes par mois et que le taux réel se situait pile au plafond de 0,1 pour cent, jusqu'à 200 seraient bloquées et facturées. L'article indique un plafond, pas une moyenne, alors consignez les requêtes bloquées pendant un mois pour connaître la vôtre. Un produit qui demande à Claude de répéter, de traduire ou d'étiqueter son raisonnement antérieur ressemble aux techniques qu'Anthropic dit bloquer désormais.
Trois vérifications à faire avec votre fournisseur
Quiconque construit sur Claude devrait vérifier trois choses auprès d'Anthropic ou de la plateforme qui le revend.
D'abord, vérifiez si votre intégration modifie le contexte antérieur ou lit du raisonnement hors de l'organisation qui l'a produit. Ensuite, consignez les requêtes bloquées et chiffrez-les. Enfin, si vous accédez à Claude via une plateforme cloud ou un revendeur, demandez à ce fournisseur comment il détecte les abus et si les requêtes bloquées vous sont facturées.
Anthropic dit que les distillateurs répartissent leur trafic entre son API, des plateformes cloud tierces et d'autres fournisseurs d'inférence, et que les plateformes ont un rôle à jouer pour détecter les abus et écarter les faux comptes. La façon dont votre fournisseur s'y prend n'est pas dans l'article.
À lire ensuite: Vos requêtes de cybersécurité ont été redirigées en silence | OpenAI Tarife Son Modèle à la Moitié du Prix d'Anthropic



