C'est un mémo, pas le marche, qui a tranché

Le 10 juin, la directrice generale de Xbox, Asha Sharma, et le responsable des contenus, Matt Booty, ont envoye a leurs equipes un mémo qui tenait moins de l'annoncé de jeu que du communique de restructuration. Hors Activision Blizzard King, ecrivaient-ils, la division avait dépensé plus de 20 milliards de dollars en cinq ans en contenu, plateforme et subvention matérielle, tandis que le chiffre d'affaires annuel reculait de près d'un demi-milliard. La division a affiche une marge de responsabilite de 3 pour cent pour l'exercice clos le 30 juin. Leur conclusion etait sans détour : "Nous nous sommes surexposes. Cela ne peut pas continuer."

Six jours plus tard, le premier nom est tombé. Ninja Theory, le studio de Cambridge derriere la serie primee Hellblade, s'est vu annoncer la fin de son travail, neuf jours après avoir montre un nouveau projet a l'Xbox Games Showcase. Ce qui a ete publie depuis, mené par le journaliste Sylvain Trinel et confirmé par Engadget, pointe une vague plus large a partir du 6 juillet : Arkane Lyon, le studio de Dishonored, est donné menacé de fermeture ou de vente, son jeu Marvel's Blade candidat a l'annulation, aux côtés de Double Fine, Compulsion Games et Undead Labs. Jusqu'a cinq studios sont en jeu.

Etre rachete n'est plus un port sur

Pourquoi c'est important : pendant une décennie, l'ambition standard d'un studio europeen etait d'etre acquis par un detenteur de plateforme, sur la théorie que le bilan d'un géant achète de la patience creative. Le mémo de Xbox met cette théorie hors de prix. Quand une maison mere mesure un studio a une marge de responsabilite de 3 pour cent, les éloges de la critique ne sont pas un actif au bilan ; un projet en depassement de budget est un passif a couper. Ninja Theory a gagné un BAFTA et a quand meme fermé. Le signal envoye a tout fondateur qui envisage une vente : les calculs de portefeuille de l'acheteur, pas la qualite de votre jeu, gouvernent desormais l'espérance de vie de votre studio.

Oui, mais : Microsoft chercherait des acheteurs pour certains studios plutot que de les fermer d'emblee, ce qui signifie que des equipes et de la propriété intellectuelle peuvent survivre a une cession. C'est la différence entre une fermeture et une vente, et c'est le résultat que les fondateurs devraient etre en position contractuelle d'imposer. La distinction vaut plus que n'importe quelle valorisation de gros titre.

Ce qu'un propriétaire de studio europeen doit changer maintenant

La conclusion : un studio dirigé par son propriétaire en Europe devrait cesser de traiter une acquisition comme une sortie et commencer a la traiter comme une levée de fonds assortie d'une clause de résiliation. Avant de signer, tant que vous avez encore du levier, negociez trois choses : un earn-out lie a des jalons que vous contrôlez, une clause de retour de propriété intellectuelle qui vous rend votre moteur et votre franchise si la maison mere les met de cote, et un delai de fermeture ordonnee défini avec des planchers d'indemnisation pour votre équipe. Ce sont des conditions ordinaires ailleurs et elles etaient rares dans le jeu video precisement parce que les fondateurs supposaient qu'un acheteur de plateforme ne fermerait jamais un bon studio.

La meme logique vaut pour la maniere dont vous financez l'indépendance. Un studio a Paris, Varsovie ou Barcelone qui compare un accord d'editeur a un autofinancement plus lent devrait valoriser la relation de plateforme comme un risque de client unique concentre, comme un fournisseur valorise la surdépendance a un seul client. Diversifier les revenus entre boutiques, garder l'équipe centrale assez petite pour survivre a un projet annule et conserver les droits ne sont plus des habitudes defensives. Apres un repli de 20 milliards de dollars, ce sont le scénario de base.