Trois jours entre le livre d'ordres ouvert et le retrait

Firmus, un constructeur de centres de données soutenu par Nvidia, a retiré le vendredi 9 octobre sa demande de cotation à l'Australian Securities Exchange, quelques jours après avoir ouvert son livre d'ordres à A$11 l'action.

Selon Forbes Australia, le livre s'est ouvert le mardi 6 octobre avec pour objectif de se clore le vendredi 9 octobre. L'ABC a rapporté le 8 octobre que les banques d'investissement avaient cessé de prendre des offres pour une cotation prévue le 23 octobre, et Reuters indique que les ordres indicatifs ont été retirés à partir de mercredi. SmartCompany a rapporté que Firmus allait probablement baisser le prix à A$9, ce qui aurait réduit la levée d'environ A$1,3 milliard.

ÉlémentChiffreRapporté par
Prix de l'offreA$11 par actionReuters, Forbes Australia
Valeur des fonds propres à ce prixUS$30,6 milliardsReuters
Valorisation au tour de début aoûtUS$10,5 milliardsReuters
Levée prévueEnviron US$5 milliardsReuters
Baisse de prix envisagéeA$9 par action, environ A$1,3 milliard de moins levéSmartCompany
Date de cotation prévue23 octobreABC
Dette attendue une fois construitEnviron US$30 milliards, soit six fois le résultat opérationnel prévu pour 2028 de US$5 milliardsABC
Capacité46 MW en service, 865 MW en développementForbes Australia

Firmus a déclaré que son conseil avait conclu que les conditions de l'offre ne reflétaient pas la solidité de l'activité et que poursuivre n'était pas dans l'intérêt de la société et de ses actionnaires. Elle va maintenant chercher des capitaux sur les marchés privés et examiner d'autres options publiques et privées, et Reuters ne rapporte ni montant ni conditions d'un tour privé.

Pourquoi les investisseurs ont dit non

La couverture pointe un faisceau d'inquiétudes : un saut de valorisation raide, un historique opérationnel court, un fort endettement et la dépendance à quelques grands clients.

Selon Reuters, la société n'avait que deux centres opérationnels et aucune expérience de construction de centres de données d'IA, et les investisseurs étaient mal à l'aise face à des conditions d'escrow qui auraient permis aux actionnaires existants de vendre plus de la moitié des titres dès le premier jour. SmartCompany situe les 46 MW en service à environ 3 pour cent des ambitions annoncées par Firmus, et un gérant de portefeuille de Ten Cap a dit à l'ABC que 97 pour cent de la capacité promise n'est pas construite.

Maxence Visseau, d'Arkevium Capital, a dit, selon PYMNTS citant Bloomberg, que les investisseurs croient toujours à l'IA mais ne paieront pas n'importe quel prix pour des sociétés qui dépensent des sommes énormes en centres de données, dépendent de quelques gros clients et promettent des bénéfices dans des années. La valorisation repose sur la construction de centres de données en Asie pour des clients comme Meta et OpenAI, selon PYMNTS, et Forbes Australia cite OpenAI comme client d'ancrage de deux sites en Malaisie. Lochlan Halloway, de Morningstar, a dit à l'ABC que "les neoclouds sont très endettés".

Le gérant de fonds Roger Montgomery a demandé dans l'ABC pourquoi le prix serait baissé si, comme on l'avait dit aux investisseurs, les ordres indicatifs dépassaient la taille de l'offre à A$11. La ventilation de l'emploi des fonds par SmartCompany ajoute un détail : sur la levée de 7,1 milliards qu'elle a publiée, 2,21 milliards, soit 31 pour cent, étaient réservés à une réserve de liquidité et à des coûts de financement, contre 3,46 milliards pour les serveurs.

Ce qu'un loueur de capacité d'IA doit en retenir

Un fournisseur qui construit de la capacité avant d'être payé par ses clients dépend de son prochain tour, et Firmus montre à quelle vitesse ce tour peut capoter.

Demandez quelle part de la capacité que vous louez est construite et alimentée aujourd'hui et quelle part est seulement promise, car Firmus avait 46 MW en service contre 865 MW en développement. Demandez comment sa dette se compare à ses résultats, combien de clients la portent et si vous êtes l'un des deux ou trois, et ce qu'il advient de vos charges de travail et de vos données si un tour de financement échoue.

Dans le contrat, évitez les gros prépaiements avant la livraison de la capacité, liez les paiements à des jalons de livraison et gardez une porte de sortie vers un second fournisseur. Les mêmes questions valent pour tout fournisseur européen ou britannique qui construit de la capacité GPU, et cette histoire n'en nomme aucun.

Rien de tout cela n'est un conseil en investissement ni un avis sur les actions d'une société.