La CMA Relève Des Lacunes Sans Bloquer L'Accord Sizewell B
La Subsidy Advice Unit (SAU), l'organe de la Competition and Markets Authority (CMA) dédié à l'examen des subventions, a publié son rapport complet sur le dossier de la subvention à Sizewell B le 3 septembre 2026, et ce rapport ne bloque pas l'accord. Il examine un Contract for Difference (CfD) proposé que le Department for Energy Security and Net Zero (DESNZ) prépare pour EDF Energy Nuclear Generation Ltd, avec une fourchette de subvention caviardée comprise entre 1 et 5 milliards de GBP sur une durée de 20 ans.
L'objectif du contrat est de maintenir Sizewell B en service jusqu'en 2055 plutôt que de la fermer vers 2035, échéance à laquelle sa durée de vie actuelle prendrait fin autrement. Sizewell B produit de l'électricité depuis 1995, fournit environ 3 pour cent de l'électricité du Royaume-Uni et alimente environ 2,5 millions de foyers, selon le rapport de la SAU lui-même.
Ce Que Paie Réellement Le Contract For Difference
Le CfD fixe un prix d'exercice de 70,50 GBP par mégawattheure aux prix de 2025, réglé dans les deux sens avec la Low Carbon Contracts Company (LCCC). Quand le prix de marché se situe sous ce prix d'exercice, EDF reçoit un paiement complémentaire; quand il monte au-dessus, EDF rembourse la différence à la LCCC.
Parallèlement au CfD, EDF s'est engagée séparément à financer 800 millions de GBP de rénovations sur 15 ans, et l'accord dans son ensemble est décrit comme protégeant environ 900 emplois. Le tableau ci-dessous met en regard les chiffres et dates clés.
| Étape ou chiffre | Valeur |
|---|---|
| Début d'exploitation de Sizewell B | 1995 |
| Fermeture initialement prévue | Vers 2035 |
| Nouvelle date de fermeture selon le CfD | 2055 |
| Prix d'exercice du CfD (prix 2025) | 70,50 GBP par mégawattheure |
| Engagement de rénovation d'EDF | 800 millions de GBP sur 15 ans |
| Fourchette de subvention proposée (caviardée) | De 1 à 5 milliards de GBP sur 20 ans |
Trois Lacunes De Conformité Citées Au Paragraphe 1.6
Le rapport de la SAU relève trois lacunes précises dans la justification même de DESNZ pour la subvention, exposées au paragraphe 1.6(a) à (c) du rapport. Premièrement, DESNZ n'a pas expliqué de manière adéquate pourquoi il a écarté des alternatives sans subvention au CfD, une lacune qui correspond au propre Principe E du gouvernement pour les subventions.
Deuxièmement, DESNZ n'a pas testé ce qui se passerait si l'accord n'aboutissait pas, le scénario contrefactuel exigé par le Principe C. Troisièmement, DESNZ n'a pas démontré que les conditions de compensation pour restriction de production intégrées à l'accord représentent le minimum nécessaire et non simplement des conditions généreuses, une lacune liée au Principe B.
Une Garantie De Trente Ans Pendant Que La Nouvelle Demande Patiente En File
Le même gouvernement britannique qui demande aux grands consommateurs d'électricité de patienter des années pour une nouvelle capacité réseau accélère un contrat de trente ans à prix garanti pour une centrale qui fonctionne déjà depuis trois décennies. Dans le cadre de la réforme distincte d'Ofgem sur la file d'attente des raccordements au réseau, les nouveaux raccordements pour les data centers et autres grands consommateurs au Royaume-Uni patientent environ 7 à 13 ans, tandis que Sizewell B doit recevoir un prix d'exercice garanti et une durée de vie garantie jusqu'en 2055.
Que l'autorité de la concurrence de la CMA elle-même reproche à DESNZ de ne pas avoir suffisamment expliqué sa propre justification pour fixer cette garantie est la preuve la plus claire à ce jour de la manière dont cet arbitrage se joue en pratique: la rigueur procédurale cède une fois que le gouvernement a déjà décidé du résultat qu'il veut. Cet accord s'inscrit aussi dans la stratégie plus large d'EDF, dont l'État français est actionnaire, pour l'ensemble de son parc nucléaire.
Ce Que Les Acheteurs D'Électricité À Long Terme Devraient En Retenir
Un grand acheteur d'électricité au Royaume-Uni devrait lire le dossier Sizewell B comme un aperçu, pas comme une exception isolée. Plus le gouvernement s'appuie sur des prolongations de centrales nucléaires et des contrats de centrales de pointe au gaz pour soutenir la croissance de la demande tirée par l'IA, plus il est probable que d'autres accords garantis de type CfD arrivent avec le même type de diligence raisonnable imparfaite que la SAU vient de signaler dans ce cas.
Ce schéma comporte une implication directe en termes de coûts et de risques. Un contrat à prix garanti conclu sans scénario contrefactuel pleinement testé ni structure de compensation minimale démontrée laisse ouverte la question de savoir qui absorbe la différence si la croissance de la demande ou la performance de la centrale ne correspondent pas aux projections à la base de l'accord.
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